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Tailler les tomates : gourmands, arrosage et prévention du mildiou

Tailler les tomates, c'est surtout pincer les gourmands, ces pousses qui naissent à l'aisselle des feuilles, et retirer les feuilles basses : le plant reste aéré et nourrit mieux ses fruits. Avec un arrosage régulier au pied et un feuillage gardé au sec, c'est aussi la meilleure prévention contre le mildiou.

Sommaire
  1. Les gestes d'entretien en un coup d'œil
  2. Faut-il tailler les tomates ?
  3. La taille des gourmands pas à pas
  4. Effeuiller et étêter
  5. Arroser les tomates : régularité avant tout
  6. Prévenir le mildiou
  7. Les autres soins utiles
  8. Questions fréquentes
Attache souple d’un pied de tomate à son tuteur.
DR

Par la rédaction · publié le 19 octobre 2026 · 7 min de lecture

Les gestes d'entretien en un coup d'œil

GesteQuandComment
Supprimer les gourmandsde la plantation à la fin de l'étépincer quand ils font quelques centimètres, par temps sec
Retirer les feuilles bassesdès qu'elles touchent le sol ou jaunissentcouper net à la base, quelques feuilles à la fois
Attacher au tuteurau fil de la pousselien souple en huit, environ tous les 30 cm
Arroserde la plantation aux dernières récoltesau pied, copieusement, de préférence le matin
Paillerquand la terre est réchaufféepaille, tontes séchées, feuilles
Étêtervers le mois d'aoûtcouper la tête au-dessus d'une feuille

Faut-il tailler les tomates ?

Cela dépend du type de tomate. Les variétés à croissance indéterminée poussent sans s'arrêter jusqu'aux froids : c'est le cas de la plupart des grosses tomates et de nombreuses tomates cerises. Sans taille, elles forment un buisson touffu, difficile à tuteurer, aux fruits plus petits et plus tardifs, et leur feuillage serré reste humide. On les conduit sur une ou deux tiges.

Les variétés à croissance déterminée s'arrêtent d'elles-mêmes à une certaine hauteur et produisent peu de gourmands. On les laisse en buisson et on se contente de retirer les feuilles basses. Le sachet de graines ou l'étiquette du plant précise le type ; en cas de doute, observez : un plant qui finit chaque tige par une grappe de fleurs est déterminé.

Certains jardiniers ne taillent pas du tout, notamment dans les régions chaudes, où le feuillage protège les fruits du soleil. C'est un choix possible avec de l'espace et des tuteurs solides, mais il demande plus de place entre les pieds.

La taille des gourmands pas à pas

Le gourmand est la pousse qui apparaît dans l'angle entre la tige principale et une feuille. Laissé en place, il devient une nouvelle tige qui portera fleurs et feuilles à son tour, au détriment des fruits déjà formés.

  1. RepérerCherchez la petite pousse qui sort exactement à l'aisselle d'une feuille, entre la feuille et la tige. Ne confondez pas avec une grappe de fleurs, qui sort de la tige elle-même, entre deux feuilles.
  2. Pincer tôtSupprimez-le quand il mesure quelques centimètres : il se casse net entre le pouce et l'index, la plaie est minuscule et cicatrise vite.
  3. Couper les gros au sécateurUn gourmand oublié qui a déjà une tige épaisse se coupe au sécateur propre, au ras de la tige, sans l'arracher.
  4. Choisir le bon momentTaillez le matin, par temps sec, jamais après un arrosage ou sous la pluie : une plaie mouillée est une porte d'entrée pour les maladies.
  5. Nettoyer les outilsDésinfectez la lame du sécateur entre deux pieds, surtout si l'un d'eux semble malade.

Un gros gourmand coupé et planté dans un pot de terreau humide, à l'ombre, s'enracine facilement. C'est une façon gratuite d'obtenir un plant supplémentaire, à condition de le faire avant le début de l'été.

Conduire sur deux tiges est une variante : on garde le premier gourmand situé sous la première grappe de fleurs, qui devient une seconde tige principale, et on pince tous les autres.

Effeuiller et étêter

Les feuilles basses

Les feuilles du bas, proches du sol, sont les premières touchées par les éclaboussures de terre et par les maladies. Retirez celles qui touchent le sol ou jaunissent, puis, au fil de la saison, celles situées sous la grappe la plus basse en train de mûrir. N'en enlevez que quelques-unes à chaque passage : ce sont les feuilles qui fabriquent les sucres des fruits.

L'étêtage

Vers le mois d'août, les fleurs qui apparaissent n'auront plus le temps de donner des tomates mûres avant le froid. Coupez la tête de la tige principale au-dessus d'une feuille : le plant cesse de grandir et concentre son énergie sur les fruits déjà formés. Faites de même quand le plant dépasse le haut de son tuteur.

Arroser les tomates : régularité avant tout

La tomate a besoin d'une humidité régulière. Ce sont les à-coups qui posent problème : une terre qui passe de très sèche à détrempée fait éclater les fruits, qui gonflent brusquement, et favorise la nécrose apicale (le « cul noir » des tomates), une tache sombre au bout du fruit liée à une mauvaise arrivée du calcium quand l'alimentation en eau est irrégulière.

  • Au pied, jamais sur le feuillage : un feuillage mouillé est l'allié du mildiou.
  • Copieusement et moins souvent : un bon arrosage qui descend en profondeur vaut mieux qu'un arrosage quotidien en surface. Vérifiez avec le doigt : on arrose quand la terre est sèche sur quelques centimètres.
  • Le matin de préférence : le feuillage éventuellement mouillé sèche dans la journée.
  • Sous un paillage : il limite l'évaporation et lisse les variations d'humidité.
  • À l'eau de pluie quand c'est possible : voir notre guide du récupérateur d'eau de pluie.

Les besoins augmentent avec la taille du plant et la chaleur : un pied adulte en pleine production consomme bien plus qu'un jeune plant juste installé. Les techniques communes à tout le potager sont détaillées dans notre article sur l'arrosage du jardin.

Goutte-à-goutte et bouteilles retournées

Le goutte-à-goutte, posé sous le paillage, est la solution la plus régulière : l'eau arrive au pied, lentement, sans toucher les feuilles. Une version simple consiste à enterrer à côté de chaque pied une bouteille en plastique percée de petits trous, goulot vers le haut ou fond découpé, que l'on remplit à l'arrosoir : l'eau descend directement vers les racines. Ce système dépanne pendant une courte absence mais ne remplace pas un vrai arrosage par forte chaleur.

Arroser des tomates sous serre

Sous serre ou sous tunnel, la pluie ne vient jamais aider et la chaleur monte vite : l'arrosage y est plus fréquent qu'en plein air. L'air confiné y est aussi plus humide, d'où l'importance d'ouvrir la serre dans la journée et d'arroser le matin, au pied.

Prévenir le mildiou

Le mildiou de la tomate, dû à Phytophthora infestans, est la maladie la plus redoutée au potager. Il se manifeste par des taches brunes sur les feuilles, des tiges qui noircissent et des fruits marbrés de brun. Il se développe quand l'humidité de l'air est très forte et que le feuillage reste mouillé : pluie, rosée, arrosage par aspersion, nuits fraîches suivies de journées tièdes. Il n'existe pas de remède maison efficace une fois l'attaque déclarée ; tout se joue en prévention.

  1. Garder le feuillage secArrosez au pied, jamais en pluie. Un simple toit de bâche transparente au-dessus du rang, ouvert sur les côtés, protège de la pluie.
  2. AérerEspacez les pieds d'au moins 50 à 60 cm, supprimez les gourmands et les feuilles basses : l'air circule et le feuillage sèche plus vite.
  3. PaillerLe paillage évite que la terre éclabousse les feuilles basses quand il pleut.
  4. Éloigner les pommes de terreElles sont sensibles au même mildiou : ne les cultivez pas juste à côté des tomates.
  5. Faire tourner les culturesNe replantez pas de tomates, de pommes de terre ni d'aubergines au même endroit avant au moins trois ans.
  6. Surveiller et retirerAprès une période pluvieuse, inspectez les feuilles. Coupez immédiatement les feuilles tachées ; un plant très atteint doit être arraché pour protéger les autres. Jetez ces déchets dans un sac fermé, jamais au compost ni sur le sol, et nettoyez ensuite outils et mains.
  7. Choisir des variétés tolérantesCertaines variétés sont présentées comme plus résistantes au mildiou ; elles réduisent le risque sans le supprimer.

Sécurité Les produits à base de cuivre vendus contre le mildiou sont des produits phytopharmaceutiques : un particulier ne peut utiliser que ceux qui portent la mention « emploi autorisé dans les jardins », en respectant strictement la dose, le délai avant récolte et les précautions de l'étiquette (gants, enfants et animaux à distance). Le cuivre s'accumule dans le sol : la prévention reste la première solution.

Les autres soins utiles

  • Nourrir sans excès : un apport de compost à la plantation suffit souvent. Un arrosage au purin d'ortie dilué à 10 % peut soutenir la croissance au début ; trop d'azote donne des feuilles plutôt que des fruits.
  • Surveiller les pucerons : quelques colonies sur les pousses tendres sont vite régulées par les coccinelles ; en cas d'invasion, voir nos méthodes contre les pucerons au naturel.
  • Récolter au bon moment : une tomate cueillie bien colorée mûrit parfaitement à l'intérieur. En fin de saison, les fruits verts rentrés avant les premières gelées finissent de mûrir à température ambiante.

Si vos pieds ne sont pas encore en terre, commencez par notre guide pour savoir quand planter les tomates. Toutes nos fiches de saison sont dans la rubrique Jardin.

Sources : INRAE, base Ephytia, fiche sur le mildiou des solanacées (Phytophthora infestans) : conditions d'humidité, rotation ; ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, fiche « Le mildiou, une maladie à surveiller » (tomate et pomme de terre au jardin) ; fiches techniques de serristes et de semenciers sur la taille des tomates (gourmands, effeuillage, étêtage) ; fiches de maraîchage sur l'irrigation de la tomate.

À lire aussi

Questions fréquentes

Faut-il enlever les gourmands des tomates ?

Sur les tomates à croissance indéterminée conduites sur un tuteur (la plupart des grosses tomates et beaucoup de tomates cerises), oui : supprimer les gourmands concentre la sève sur les fruits et aère le feuillage. Sur les variétés déterminées, buissonnantes, on en enlève peu ou pas du tout.

Quand tailler les gourmands ?

Dès qu'ils sont petits, quelques centimètres, en les pinçant entre deux doigts. Passez régulièrement, au moins toutes les deux semaines et idéalement une à deux fois par semaine en pleine pousse, par temps sec et de préférence le matin.

Combien de fois arroser les tomates ?

Il n'y a pas de fréquence fixe : tout dépend de la chaleur, du sol et du paillage. La règle est d'arroser copieusement au pied quand la terre est sèche sur quelques centimètres, plutôt qu'un peu chaque jour, et de garder un rythme régulier pour éviter l'éclatement des fruits.

Comment éviter le mildiou sur les tomates ?

Gardez le feuillage sec : arrosez au pied, abritez les plants de la pluie si possible, espacez-les, retirez les feuilles basses et paillez. Éloignez les tomates des pommes de terre et ne les remettez pas au même endroit plusieurs années de suite.

Faut-il couper les feuilles des tomates ?

Seulement les feuilles basses, qui touchent le sol ou jaunissent, et quelques feuilles qui cachent les grappes en fin de saison. Les feuilles nourrissent le plant : n'en retirez pas trop à la fois.

Quand étêter les tomates ?

En fin de saison, vers le mois d'août, ou quand le plant atteint le haut de son tuteur. Couper la tête stoppe la croissance et aide les derniers fruits formés à mûrir avant l'automne.

Mis à jour le 19 octobre 2026